En ce joli mois de mai, chacun peut constater comme les choses ont changées dans les jardins de la résidence.
On se souvient des incompréhensions d’il y a dix ans avec le jardinier de l’époque, qui écoutait d’un air narquois quand on lui demandait de cesser d’utiliser du glyphosate et autres produits chimiques non-indispensables au traitement des maladies des plantes.
Il répondait d’un « oui oui » qui voulait dire « cause toujours » et le lundi suivant on le voyait répandre consciencieusement le désherbant sur les allées.
Que de chemin parcouru depuis !

Grace au travail du jardinier actuel, choisi pour ses orientations écologiques et sociales, qui oeuvre depuis 7 ans à l’entretien « zéro phyto » des espaces verts, et avec le soutien bénévole des résidents de l’amicale des jardins, nos jardins retrouvent peu à peu la voie de la biodiversité.
Au début ce fut difficile, tant le moindre brin d’herbe qui dépassait était encore jugé comme quelque chose de « sale » et de « mal entretenu ». L’aménagement paysager de la dalle sur parking à pris du temps, les premiers composteurs succitaient de la méfiance et les résidents ne comprenaient pas pourquoi on ne ramassait pas toujours l’herbe coupée (technique du « munch » destinée à enrichir les sols et à protéger le gazon de la sécheresse).
Mais avec du temps et de la pédagogie, la culture à évolué et les résidents ont apprit à observer et à apprécier les signes d’une natures qui redevient plus riche et plus vivante chaque année.
On peut observer le retour des champignons, premier indice de l’enrichissement des sols, ainsi que l’augmentation du nombre et des variétés d’insectes polinisateurs et d’oiseaux qui prennent leurs habitudes dans nos jardins.
L’autre soir, à la brune, un enfant montrait des chauves-souris… c’est la première fois qu’il en voyait et se demandait s’il fallait en avoir peur.
Non il ne faut pas en avoir peur, bien au contraire elles s’attaquent aux moucherons et aux moustiques, c’est une chance de les voir revenir. De même que les lombrics qui regénèrent nos sols et les escargots qui mangent les pissenlits, ce sont les acteurs et les témoins d’un éco-système en bonne santé.
En photos :
– Une plaque de champignons
– Une haie fleurie, bruissante du bourdonnement des butineurs